Le cyclone
C’est le phénomène météorologique qui crée le plus de victimes avec ses vents forts, ses précipitations très fortes et sa lenteur pour traverser une région ; par exemple, le cyclone Mitch entre le 26 Octobre et le 1er Novembre 1998 a ravagé les 3 / 4 de l’Amérique ( notamment le Nicaragua et le Honduras ) et a provoqué la mort de plus de 10000 personnes .
Je vais tout d’abord définir en long et en large le cyclone puis je vous dirai tout sur sa formation . Je vous détaillerai tout les éléments caractérisant les cyclones ( pourquoi leur donne-t-on un nom ? ) et enfin je vous montrerai comment prévoir l’arrivée et pourquoi nous ne risquons pas d’avoir un cyclone en France (
du moins nous aurions des restes ;) ).
1 ) Le cyclone dans tous ses états
2 ) La formation du cyclone
3 ) Les éléments caractérisant le cyclone
a ) Des vents très soutenus
b ) De nombreuses précipitations
c ) Une certaine lenteur pour se déplacer
d ) Des trajectoires bien définies
e )
Les cyclones venus du froid ( les "polar lows" )
4 ) Comment prévoir l’arrivée d’un cyclone ?
5 ) Pourquoi n’avons-nous pratiquement
pas de cyclones en Europe ?
1 ) Le cyclone dans tous ses états
Le cyclone, qui vient du grec« kuklos » et qui veut dire « cercle »,est une zone de très basses pressions ( en opposition avec l’anticyclone ) : on a enregistré jusqu’à 867 hpa au centre du cyclone ( ou typhon, qui vient du grec « tuphôn » et qui veut dire « tourbillon », c’est le même phénomène ) Joan aux Philippines le 14 Octobre 1970 . Du coup les vents soufflent très fort ( en moyenne 200 km / h ) à cause des variations de pression et engendrent une mer très forte 4 ou 5 heures avant son arrivée .
Le diamètre d’un cyclone varie considérablement : de 100 km au début de sa formation jusqu’à 1000 km lorsqu’il arrive à maturité .
Le centre du cyclone appelé « œil du cyclone » à cause de la forme est une zone très calme ( les vents soufflent à 30 ou 40 km / h, les précipitations sont nulles ) ou la pression atteint son minimum ; en gros c’est une zone d’accalmie de courte durée ( 30 à 40 minutes ) .
La formation du cyclone peut paraître surprenante avec notamment avec la forme de son centre .
2 ) La formation du cyclone
Voici comment se forment les cyclones sous les tropiques :
La formation d’un cyclone sous les tropiques se caractérisent surtout par une forte température qui entraîne par la même occasion une forte condensation . A la différence d’un orage qui est dû à la rencontre entre de l’air chaud et humide, de l’air chaud et sec et de l’air froid et humide, le cyclone se contente juste de l’air chaud et sec ; l’air humide qui accompagnait l’air froid se retrouve expulsé à l’extérieur d’un cercle formé que d’air sec qui est l’œil du cyclone . L’air humide ne sert plus qu’à former les nuages convectifs autour de l’œil du cyclone, d’ou un amas de nuages impressionnants autour de l’œil du cyclone .
Une fois le cyclone arrivé à maturité, voyons à présent les propriétés du cyclone .
3 ) Les éléments caractérisant le cyclone
a ) Des vents très soutenus
On sait qu’une dépression très creuse ( 990 hpa ) engendre des vents violents ; un cyclone de 940 hpa entraîne une véritable tempête . Les vents autour de l’œil sont les plus forts ( jusqu’à plus de 300 km / h pour le cyclone Mitch entre le 26 Octobre et le 3 Novembre 1998 ) : les nuages qui créent ces vents sont des nuages convectifs appelés cumulo-nimbus ; le fort contraste entre les masses d’air créent à leur base de véritables tourbillons ; à la différence d’une tornade, le cyclone est dû à un contraste de masses d’air moins important et aussi par de l’air beaucoup moins chargé en humidité à la base du cumulo-nimbus .
Nous classons les cyclones selon les vitesses de vent qui règnent à l'intérieur des cyclones avec l'échelle Saffir-Simpson ( créée en 1971 par l'ingénieur Herbert Saffir et le docteur Robert Simpson expert en ouragan ) :
| Échelle | Pression atmosphérique ( hPa ) | Vitesse du vent ( km / h ) | État des lieux |
| 1 | supérieure à 981 | entre 120 et 150 | Les arbres sont déracinés et quelques habitations sont fortement endommagées |
| 2 | entre 966 et 981 | entre 150 et 180 | Toutes les habitations sont fortement endommagées |
| 3 | entre 946 et 966 | entre 180 et 210 | Tous les arbres sont à terre ; certaines maisons sont détruites |
| 4 | entre 920 et 946 | entre 210 et 250 | La moitié des habitations sont détruites |
| 5 | inférieure à 920 | supérieure à 250 | Les arbres commencent à voler, presque toutes les habitations sont détruites |
Le taux d’humidité relative n’empêche pas cependant de fortes précipitations .
b ) De nombreuses précipitations
On a vu que le cyclone était dû à une forte température qui a entraîné une forte condensation qui, elle, entraîne de fortes précipitations ; en une journée, on peut relever jusqu’à 200 L / m² ( le quart des précipitations annuelles à Paris ) . Les inondations sont nombreuses et provoquent la mort de plusieurs personnes comme le cyclone Mitch avec plus de 10 000 morts .
Pour chaque cyclone, on lui donne toujours un nom et ce depuis 1953 ; mais c’est depuis le début des années 80 que l’on s’est mis d’accord sur les noms donnés au cyclone ( on alternera entre un nom de fille et un nom de garçon ) ; chaque nom donné au cyclone est donné en fonction de son intensité : ainsi les premières lettres de l’alphabet seront pour les cyclones aux intensités les moins fortes .
Le pire dans un cyclone c’est le temps qu’il met pour traverser une région .
c ) Une certaine lenteur pour se déplacer
Le cyclone met en moyenne 12 heures pour traverser une ville soit une vitesse de 30 à 40 km / h seulement ( aussi rapide qu’une dépression classique !!! ) . Les moyens mis en œuvre pour lutter contre le cyclone sont donc colossaux : avertissement en permanence à la télévision et à la radio, constructions d’abris souterrains, évacuation des maisons à risques, …
La prévision d’un cyclone relève d’une grande nécessité .
d ) Des trajectoires bien définies
Les cyclones sont soumis à ce que nous appelons la force de Coriolis ; pour comprendre son influence sur la trajectoire des cyclones, il suffit de prendre un disque ; vous prenez un crayon, puis essayez de tracer une ligne droite tout en faisant tourner le disque dans le sens des aiguilles d'une montre ; vous verrez que vous avez établi une trajectoire en forme de spirales comme dans la carte ci dessous .
e ) Les cyclones venus du froid ( les "polar lows" )
Les mécanismes de formation des polar lows ( mot à mot "basse polaire" ) font toujours l'objet de débats au sein de la communauté scientifique .Les polar lows sont des violentes tempêtes localisées dans les hautes lattitudes de l'hémisphere Nord .Ainsi en Grande Bretagne, les tempêtes de neige en hiver sont courantes et arrivent très souvent sans aucun signe précurseur à cause de la rareté des bouées météorologiques et stations dans les hautes lattitudes .
De l'air très froid arrive brutalement sur une masse d'air très doux provoquant des mouvements de convection importants et donc l'apparition de Cumulonimbus ; de nombreux Cumulonimbus se forment un peu comme au niveau de l'Equateur .
Dans l'hémisphere Sud, le flux est beaucoup plus zonal, ce qui ne favorise pas une grande différence entre la température de l'eau et la température dans l'air : les systèmes qui se forment portent le nom de cyclones à méso-échelle ou "meso cyclones" .
En 1983, Le Norwegian Polar Lows Project a permis d'obtenir des résultats mitigés, ce qui n'est pas étonnant car à l'époque les modeles avaient une maille beaucoup trop élevés pour émettre une prévision fiable .
Pour mieux prévoir l'arrivée d'un polar low, il est nécessaire d'augmenter la résolution des modeles avec une meilleure représentation des phénomènes de convection .
4 ) Comment prévoir l’arrivée d’un cyclone ?
On peut prévoir l’arrivée d’un cyclone un peu à la manière ou on prévoit un orage ( sauf qu’un cyclone peut se prévoir plus de 72 heures à l’avance ) . Les méthodes de prévision sont les plus classiques qu’il soit : relevés matin, midi et soir de tous les paramètres habituels de prévision ( pression atmosphérique, température, vitesse du vent, direction du vent et humidité relative ) , lancers de ballons sondes, images satellites pour localiser la trajectoire du cyclone .
Moi, je regarderais en premier l’humidité relative ; elle doit être très élevée ( environ 90 % ) au moment ou règne un ciel bleu ; l’humidité relative chute très rapidement jusqu’à devenir très sèche ( inférieure à 40 % ) et ce en moins de 24 heures ; l’humidité relative a alors été en grande partie « consommée » par le cyclone . Il suffit ensuite d’un vent d’Est soutenu ( les cyclones se déplacent toujours d’Est en Ouest contrairement aux dépressions à cause de la rotation de la Terre ) .
Ce genre de situations ne peut heureusement pas arriver en France .
5 ) Pourquoi n'avons-nous pratiquement
pas de cyclones en Europe ?
Pour avoir un cyclone, je le rappelle, il faut : une température très forte qui se maintient tout le temps et ainsi avoir une rencontre entre deux masses d’air radicalement différentes . En Europe, nous
n'avons pas cette situation : nous
nous trouvons quasiment à distance égale entre le pôle Nord et l’équateur ; les masses d'air ont une différence de températures moindre .
Si un cyclone devait tout de même arriver en France, il se heurterait à l’anticyclone des Açores ; le cyclone serait donc désagrégé ; or un cyclone désagrégé est une dépression très creuse qui peut donner des précipitations de l’ordre de 50 L / m² ou un peu plus, ce qui est ridicule comparé aux 200 L / m² du cyclone .
On se contentera juste d’une tempête du type la tempête du 26 Décembre 1999 sauf si la planète continue dans les siècles à venir à se réchauffer faisant du climat de la France un climat tropical .
Liens vers les sites d'informations sur les cyclones